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    Index > Liste des articles > Snes/SFC > Do-Re-Mi Fantasy - Milon no Dokidoki Daibouken
 

 
 
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Editeur Hudson Soft
Développeur Hudson Soft
Année 1996
Genre plate-forme sucre d'orge

 
 
 
 

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Do-Re-Mi Fantasy - Milon no Dokidoki Daibouken
Par Milcham le 15/10/2006




Cliquez sur les screenshots pour les agrandir

   Ce n'est plus un secret pour grand monde : la fin de vie de la Super NES, comme la NES avant elle, est un passionnant vivier quasi-inépuisable de jeux japonais plus ou moins méconnus. Des perles à la réalisation improbable, de facture très classique ou saisissantes d'originalité... Bref, il y a de quoi faire ! Do-Re-Mi Fantasy est de ceux-ci, et de ces jeux qui me tiennent tout particulièrement à coeur. Et comme d'hab' dans ces cas-là, c'est à Bouledefeu qu'on doit la découverte. Survol léger d'un jeu qui donne des ailes - celles d'un cygne qui, en 1996, rend son dernier chant.



// L'HISTOIRE DU GRAND "H" //

   Petite touche culturelle. C'est en Mai 1973 que Yuji et Hiroshi Kudo fondent Hudson Soft. Ils font leur petit bout de chemin sur les micros japonais, comme tant d'autres. A ceci près que les autres n'ont pas le nez Kudo : en 1984, la firme à l'abeille devient le premier éditeur-tiers sur Famicom - et explose ! Lode Runner, d'abord, et son million deux de copies vendues. Puis en 1986, c'est la suite de Star Force, Star Soldier : un vrai classique au Japon, qui figure d'ailleurs tout naturellement dans la première série des Famicom Mini, rééditions budget sur GBA des succès de la Famicom (NES Classics). Quelques petits mois après, l'employé ultra-bright de Hudson, Toshiyuki Takahashi, est le héros de Takahashi Meijin no Bôkenjima (c'est-à-dire notre Adventure Island, le clone de Wonder Boy).


   Hudson ne tarde pourtant pas à se rapprocher de NEC, aux côtés duquel lui et les talentueuses boîtes qu'il prend sous son aile (Human, Red...) se font les artisans de tout un pan du jeu vidéo 8/16-bits japonais : la gamme PC-Engine. Ce qui revient à dire que dès 1987, mis en confiance par ses succès et déjà agacé par la politique stalinienne de Hiroshi "Mother Brain" Yamauchi, Hudson jette à moitié Nintendo - pari gonflé s'il en est dans la situation de quasi-monopole qui est celle du marché japonais. Avec le succès honorable qu'on connaît à la p'tite PCE ! En 1995/1996, la seule 16-bits qui tient encore debout sans trop de mal face aux 32-bits et au jeu sur PC est la Super NES. Pas étonnant, donc, que ses dernières années soient si riches, puisque les développeurs qui veulent commercialiser un jeu sur 16-bits n'ont plus vraiment le choix de la plate-forme.

   Il était utile de le rappeler, car Do-Re-Mi Fantasy cadre à fond dans ce contexte. Le jeu, on aura tout le temps de l'évoquer plus bas, est une petite perle, mais il ne sort certainement pas de nulle part. En réalité il fait office de suite à Milon's Secret Castle, un jeu sorti sur Famicom en 1986 puis gracieusement converti sur les NES américaines l'année suivante (vraisemblablement sans sortie européenne). Ce n'est pas vraiment un classique mais il a eu sa petite popularité tout de même, surtout au Japon ! On y incarne donc le lutin Milon, bout de chou en pyjama-salopette bleu, avec le bonnet et le sourire figé qui vont bien. Un méchant sorcier en veut à sa copine et l'emmène dans son château.




// MILON, SCENE 1, ACTION //

   C'est parti pour l'exploration du Castle Garland ! Le jeu, qui entendait surfer sur la vague Super Mario Bros., n'a pas bien vieilli. Les décors sont redondants, les briques d'un ton ocre un peu crado - or il y en a des centaines par écran. Les sprites ennemis sont corrects, sans plus. Le p'tit héros haut comme trois pommes et demi a fort heureusement une arme redoutable pour lutter contre les méchants : un souffleur de bulles. Oui, ces petits machins en plastique minable qu'on offre aux enfants dans les kermesses et qui, à l'usage, réclament une vraie habileté : selon si l'on veut souffler de grosses bulles ou des tas de petites. Je sais, ça sent le vécu, et pour cause.

   On n'est bien évidemment pas loin des dinos Bub et Bob de Bubble Bobble, habitués de longue date à la technique du "je t'enferme dans une bulle puis je te défonce comme une quille". Problème, Milon's Secret Castle n'a ni la dynamique ni le côté bête comme chou du titre de Taito. Pourtant sur le papier la recette est alléchante, avec sa bonne dose d'exploration et de recherche. A chaque étage du château, plusieurs portes s'offrent à vous. Souvent l'une d'elles vous mène à la boutique de quelque vieux roublard qui finit par vous vendre des potions à prix rédhibitoire ou des upgrades sympas - de saut, par exemple - et vous révèle des indices dans un anglais très... cryptique. Zelda n'est vraiment pas loin. Pour progresser, il faut inspecter chaque parcelle du décor qui regorge de trucs cachés. Des centaines de briques toutes identiques s'étendent devant vous, et une ou deux seulement vous révèlent la solution. Voilà en deux mots pourquoi le jeu gonfle ! En revanche, niveau ambiance sonore nos cages à miel sont gâtées : retrouvez des notes de musique et elles viendront s'ajouter à une mélodie sur 4 voix, difficilement concevable sur NES. Oui, mais c'est chiant. Enfin... si vous avez la patience et la durée de vie d'une tortue des Galapagos, à vous de voir. Car dites-vous bien qu'en plus de ça les ennemis sont coriaces. Facteur frustration 100%, mais on sentait bien qu'Hudson en avait sous le pied avec cette franchise.


   En 1993, Hudson sort sur Game Boy Milon no Meikyuu Kumikyoku, là encore Milon's Secret Castle aux USA, qui n'est autre qu'un portage de la version NES. Les sprites sont plus gros, les boss ont plus de gueule, le noir et blanc colle pas mal au jeu. C'est aussi plus facile, ce qui n'est pas un luxe, et j'aurais tendance à dire que le jeu convient plus à la philosophie Game Boy. C'est pourtant le même jeu, toujours aussi frustrant. Et puis...



// MILON 2, RITEURNE OF ZE SPRITE //
   Et puis rien sur consoles NEC, la licence est mise de côté. Ce n'est qu'en 1996 sur SNES qu'elle repointe le bout de son nez, par la porte de derrière si j'ose dire. Ben oui, en 1996, un jeu de plates-formes archi-classique sur Super NES, hein, on s'en balance un peu. On a l'impression d'assister à du "Papy fait de la résistance", à voir ainsi Hudson faire sa tranchée chez Nintendo. Petit jeu, donc. En fait non, les apparences sont trompeuses : il est excellent.

   Do-Re-Mi Fantasy est beaucoup plus classique que son ancêtre. Ici point d'exploration, guère de choses fantasquement cachées. C'est de la plate-forme plutôt basique et pas trop rigoureuse, ça a un goût de chamallow japonisant qui reste bien en bouche, c'est un peu un croisement de Magical Taluluto-Kun et de Kirby, un Liquid Kids en puissance, en d'autres termes une petite perle typique des années '90. Du genre à mettre de bonne humeur et à mériter des smilies. smiley

   Milon joue dans la forêt avec son frère Colin, la fée Alis et les animaux quand s'abat la foudre. C'est Amon, le vilain sorcier tout blond, qui a enlevé Alis ! N'écoutant que son courage de garçonnet, Milon prend ses clics, ses clacs et son kiri et part à l'aventure. Au programme, 7 mondes, quelques uns carrément typiques du genre, d'autres beaucoup moins communs. Chacun comprend une petite saynète en fenêtre réduite qui sent bon le jeu d'antan, où Milon rencontre de nouveaux amis pour l'aider dans sa quête des instruments magiques. Car oui, seuls les cinq instruments enchantés et le cristal lui ouvriront le passage vers le château d'Amon ! Allez, une bouchée de Kiri pour la route.




// LES VACHES CA POND DES OEUFS ? //
   Pour le reste, c'est là encore du classique, oui, mais du très très joli classique. Les environnements enchanteurs vous font traverser pêle-mêle forêts, maisons hantées aux jouets animés et gros gâteaux à la crème fourrés de sucres d'orge. On se fraye un chemin sans trop de soucis parmi les pyramides de flûtes à champagne qu'une main invisible remplit peu à peu, les longs couloirs d'un palais aux vitraux éclatants, les torrents et les rapides... mais pas trop rapides quand même, faut pas faire peur aux enfants. On se livre à des batailles de boules de neiges avec des pingouins à noeud pap', avant de se crâmer les fesses dans l'inévitable monde de lave. Tout ça pour aboutir, après un dédale de cadeaux et un tour de manège, au château du très vil Amon, qui-s'la-pète-de-toute-façon. C'est coloré, light, sucré, bref carrément guimauve mais sans faire tirer au coeur comme un Yoshi's Island ou un Kirby. Bon je sais, je devrais fiche la paix au dino et à la boule rose, ils ont leur cohorte de fanatiques sardaukars, mais moi j'aime pas trop. Na.


   On se délecte des quelques mélodies enjouées façon boîte à musique, ponctuées de doux bruitages genre gazouillis d'oiseaux que le processeur-son de la SNES peine tout de même à reproduire sans grésiller. Pas grave, l'idée est là, ça gazouille dans la tête et Casimir fait de la patinette. En d'autres termes, Do-Re-Mi Fantasy déborde d'une bonne humeur communicative, alors entre deux ULTRA-TUERIES à Unreal Tournament ça peut pas faire de mal aux butors que nous sommes !

   Toujours au rayon technique, je ne peux que saluer l'animation carrément exquise qui enrobe le jeu. C'est bien simple, Milon a autant de mimiques que la Reine d'Angleterre a de chapeaux, et toutes sont décomposées avec un soin d'orfèvre. Les ennemis sont nombreux, il n'y a pas de doublons avec coloris différents et chacun est là encore animé à la perfection. Do-Re-Mi Fantasy est un vrai dessin animé interactif et l'un des sommets du pixel-art 16 bits. Seule faiblesse technique, assez récurrente sur la fin de vie de la SNES, en fait : de légers écrans noirs de chargement à chaque pause (Start). Rien de très grave, donc, d'autant qu'un jeu qui tape finalement dans un registre assez proche comme Magical Pop'n est parasité par des écrans noirs prolongés entre chaque passage de tableau.</position>


// GRATTE-MOI LA PUCE QUE J'AI DANS LE DOS //
   Le schéma du jeu est assez simple : 7 mondes de 5 niveaux assez courts + un niveau "d'intérieur" plus labyrinthique (grotte, château...), + un boss. Chaque boss terrassé vous remet un des cinq instruments magiques censés zapper le pouvoir de ce salopard d'Amon. Oui, sauf que ce dernier a scellé leurs pouvoirs. Dans le monde suivant, vous devez donc trouver une étoile planquée dans l'un des niveaux pour que la variante locale du vieux-sage-dans-un-arbre vous bénisse l'instrument.

   La palette de mouvements et d'items est simple, mais relativement étendue. Des notes de musique font office de pièces/anneaux/crottes de nez, une vie vous étant offerte pour chaque nouvelle centaine. D'autres bonus sont disséminés ici et là. Des costumes, d'abord : lorsqu'il a son costume rouge, Milon perd une vie au premier choc ; qu'il enfile le costume bleu, puis le costume vert, et c'est autant de soupapes de sécurité. Bref, si vous êtes en vert lorsqu'un ennemi juge opportun de vous mettre un doigt là où euh... là où vous voulez, vous passez en bleu, puis en rouge si l'expérience se réitère. Do-Re-Mi Fantasy est un jeu de plates-formes assez permissif, en fait. Si vous trouvez un item en forme de... bulle, vous augmentez la portée de votre lanceur de bulles. Dans la même idée, vous pouvez trouver un bonbon sans doute salement chimique, puisqu'il vous sauve d'une chute (Milon vole un long moment en soufflant une bulle de gomme). Dernier item majeur et non des moindres : la chaussure ailée. Celle-ci, franchement moins courante, vous permet d'amortir vos sauts, nivelant de ce fait très nettement la difficulté du jeu vers le bas. Evidemment il est de bon ton de ne pas la paumer bêtement !


   Pour rester dans les mouvements de Milon, sachez qu'une pression répétée sur la touche de course/bulle du p'tit bonhomme lui permet de se concentrer, il devient pakontent et il balance une rafale de bulles tout autour de lui. SI. Plus pragmatiquement, ça sert surtout à défoncer des blocs qui vous barreraient le passage vers le haut. Milon se dote enfin d'une nouvelle capacité après chaque monde terminé, certes un peu anecdotique, mais largement utilisée dans le monde d'après : nage, échelles de notes, marche sur la glace ou encore matérialisation de blocs en des points bien précis. Une dernière petite chose, elle ponctuelle mais très fun : Milon peut envoyer valdinguer des cohortes d'ennemis avec des boules de bowling présentes dans quelques niveaux ; un détail qui devrait suffire à rendre n'importe quel jeu indispensable, naturellement.



// LUTIN MALIN & BOUTE-EN-TRAIN DU MATIN //
   Bon bah, on a déjà dit pas mal de choses, non ? J'ajoute que le jeu est équilibré, stimulant, encore une fois beau à s'en pâmer et sans vrai défaut. Sinon peut-être son prix, le jeu coûtant quand même plus qu'une baguette et un pain au chocolat un dimanche matin. Pas forcément très courant, il faut aller le récupérer sur Yahoo Auctions Japan, en tablant sur une vingtaine d'euros pour un jeu complet, à quoi s'ajoutent les frais de port (et la p'tite commission du Japonais qui a suivi l'enchère pour vous, le cas échéant). Peut-être un peu cher en soi pour un jeu finalement pas très très long où rien ne vous pousse à faire une deuxième partie, donc c'est un peu comme dans Charlie et la Chocolaterie : ça vaut la peau du cul pour une sucrerie, oui mais une délicieuse sucrerie, puis qui sait ce qu'elle pourrait vous faire connaître !


   Je pourrais aussi vous dire qu'il est résolument scandaleux qu'un tel vent de printemps soit demeuré aussi méconnu, mais je suis d'une humeur trop Ricorée pour râler. Sachez enfin qu'Hudson - qui n'est certes plus que l'ombre de lui-même - n'a pas oublié le p'tit lutin. Celui-ci a récemment eu droit à un coup de jeune dans le puzzle-game pour DS, Milon no Hoshizora Shabon: Puzzle Kumikyoku (vous pouvez respirer), lui-même adapté des téléphones portables japonais où il avait très bien marché. Une sorte de Puyo Puyo retourné, rien de sensass', site officiel pas sorcier non plus :
http://milon.jp



   Do-Re-Mi Fantasy vous fera craquer comme il a fait craquer les gens de chez Gaijin Productions, qui ont du coup eu l'extrême diligence de traduire le peu de texte japonais qui aurait pu vous handicaper. Alors qu'est-ce que vous attendez, hein ?

Bisous à tous !! smiley



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